Mobilité Locale Transfrontalière - ACROSS

ACROSS : Projet de doctorat

Statut

en cours

Objet du projet

Les représentations socio-spatiales de la ville et leur incidence dans la mobilité quotidienne des fonctionnaires des institutions européennes Strasbourgeoises

Cette recherche doctorale en psychologie sociale et environnementale se concentre sur la mobilité quotidienne intra-urbaine du personnel des institutions européennes qui travaillent à Strasbourg, une population qui par la diversité de ses pratiques spatiales et de ses statuts sociaux devrait nous permettre de contraster des groupes socio-spatiaux.

L’analyse est restreinte aux déplacements quotidiens que les enquêtés effectuent sur Strasbourg, ceci afin de limiter les difficultés méthodologiques. Cependant, comme ce projet de recherche est greffé au projet ACROSS (2011-2014), qui a pour ambition de mener une enquête sur le personnel des institutions européennes localisées dans les trois principales villes européennes (Luxembourg, Bruxelles et Strasbourg), nous aurons donc accès à des informations sur les autres villes, nous permettant alors de profiter des comparaisons entre les sites et des relations que certaines catégories de personnel entretiennent entre les sites.

Notre travail pose une première question d’ordre général qui se place dans une problématique de société : la mobilité quotidienne intra-urbaine contribue-t-elle et/ou s’adosse-t-elle à la ségrégation socio-spatiale urbaine ? Dans quelle mesure et comment ?

La mobilité résidentielle a souvent été étudiée pour comprendre le processus de ségrégation socio-spatiale. Cependant, les enquêtes sont rares quand il s'agit de la mobilité au quotidien, car elles se limitent essentiellement à l'analyse des activités quotidiennes, de leur « choix » et de leur localisation. L’ambition de cette recherche doctorale consiste justement à approfondir les connaissances actuelles sur la mobilité quotidienne intra-urbaine en s’appuyant sur celles qui relèvent d’autres dimensions de la mobilité qui ont été plus largement investiguées (mobilité résidentielle et migration).

Les représentations étant avec les pratiques, l’autre dimension du rapport à l’espace des individus et des groupes, c’est par l’analyse des représentations sociales de l’espace urbain et de leur relation avec les lieux fréquentés que nous chercherons à comprendre comment s’organise la mobilité quotidienne en ville.

Nous formulons l’hypothèse que les schèmes cognitifs qui participent à la représentation de la ville (position cognitive) et qui contribuent à la structure spatiale des pratiques urbaines (position géographique) seront différents selon le groupe auquel l’individu appartient (position sociale). Autrement dit ce n’est pas qu’un ensemble d’éléments urbains qui diffèrent d’une représentation à l’autre de la ville, c’est surtout une catégorisation socio-spatiale qui est structurée différemment.

Trois entrées seront alors considérées pour comprendre comment s’organisent et se distribuent à la fois dans l’espace social et dans l’espace géographique les différentes figures de mobilité quotidienne, cette dernière étant définie comme la structure socio-spatiale des déplacements de tous les jours.

  • C’est d’une part par l’étude des éléments sociocognitifs afférents aux pratiques spatiales intra-urbaines quotidiennes que nous chercherons à analyser plus généralement la mobilité quotidienne des individus. Ces analyses auront pour objectif essentiel de cerner la relation entre pratiques et représentations sociales de l’espace géographique. Pour appréhender ces processus socio-cognitifs nous nous appuyons sur l’approche structuraliste des représentations sociales (Abric, 1994). Selon cette théorie, il existe, au sein des représentations, des croyances consensuelles, partagées par les individus d’un même groupe social, leur assurant ainsi une vision stable et commune d’un objet donné.
  • C’est d’autre part en analysant les positions sociales afférentes à ces mêmes pratiques spatiales quotidiennes que nous pourrons saisir la distribution sociale des figures de la mobilité quotidienne. Cette entrée est la plus investiguée dans la recherche en sciences sociales, mais elle reste essentielle pour saisir le lien entre l’espace social et l’espace géographique. Elle nous permettra également, ensuite, de faire le lien entre les éléments socio-cognitifs et les caractéristiques socio-morphologiques des pratiques spatiales.
  • Et c’est enfin en cherchant à observer les catégories spatiales (« paysages urbains ») qui ont une co-récurrence tellement forte en termes de lieux fréquentés ou représentés qu’elles constituent la configuration géographique privilégiée d’un individu, et plus largement d’un groupe social donné.

Si pour des raisons analytiques, la recherche s’appuie dans un premier temps sur ces trois étapes heuristiques, ce n’est qu’en conjuguant ensuite ces analyses qu’il sera possible de saisir la structure générale des déplacements quotidiens à partir des trois positions qui nous semblent les plus importantes (sociale, spatiale et cognitive).

Période du projet

2011-2014

Mots-clés

Représentation, cognitif, socio-spatial, mobilité, social, ségrégation, pratiques urbaines, psychologie

Cadre institutionnel et partenaires

Projet FNR AFR

Projet porté par :

Partenaires :

Comité de thèse

  • Thierrry Ramadier, (Directeur de thèse, LIVE)
  • Samuel Carpentier (Aix-Marseille Université)
  • Philippe Gerber (CEPS/INSTEAD)
  • Pierre Lannoy (METICES)
  • Patrick Rateau (Université de Nîmes)

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